Je suis Élise Laurent, et depuis que j’ai commencé à chercher mes premiers stages et alternances en école d’ingénieurs, j’ai appris une chose essentielle : les meilleures opportunités ne sont pas toujours publiées sur les jobboards. Certaines offres restent “cachées” — elles circulent en interne, sont créées à la demande d’un manager, ou ne sont visibles qu’après avoir fait connaître son profil. Dans cet article, je partage ma méthode pour identifier ces offres cachées dans l’ingénierie et comment postuler efficacement. Ce sont des tactiques que j’ai testées et enseignées à des étudiants que j’accompagne sur Nouvelingenieur.fr.

Comprendre ce que sont les offres cachées

Une offre cachée, c’est tout simplement une opportunité qui n’est pas publiée sur les plateformes classiques (Indeed, Welcome to the Jungle, LinkedIn), ou qui n’est accessible qu’à un réseau restreint. Elles existent pour plusieurs raisons :

  • Le besoin est urgent : l’entreprise préfère contacter directement des profils pertinents.
  • Le poste est créé pour un projet interne et n’est pas passé par les RH publiques.
  • La structure veut limiter le volume de candidatures et privilégier le recrutement par recommandations.
  • La culture d’entreprise privilégie les candidatures proactives ou les stages sur mesure.

Pourquoi viser les offres cachées ?

Parce qu’elles ont souvent moins de candidats, permettent plus de flexibilité (missions sur-mesure, durée adaptable) et ouvrent la porte à des responsabilités rapides. Pour un étudiant en ingénierie, cela peut signifier toucher à des sujets techniques réels, travailler avec des équipes réduites et obtenir un mentorat plus personnalisé.

Mes méthodes pour repérer les opportunités cachées

Voici la stratégie concrète que j’applique et que je conseille :

1) Cartographier les entreprises cibles

Avant de postuler partout, je dresse une liste d’entreprises pertinentes pour mon profil (taille, secteur, localisation). J’inclus :

  • Les grandes entreprises et leurs filiales locales.
  • Les PME/ETI techniques souvent moins visibles sur les jobboards.
  • Les startups, notamment celles qui financent des prototypes ou des POC.
  • Les labs, centres de recherche, et bureaux d’études locaux.

Je collecte pour chacune : le nom du responsable de l’équipe technique, le nom du CTO ou du chef de projet, et les produits ou projets récents. LinkedIn, le site de l’entreprise et les communiqués de presse sont mes sources principales.

2) Utiliser LinkedIn de manière proactive

LinkedIn n’est pas juste un CV en ligne : c’est un outil d’approche. Je fais :

  • Des recherches booléennes pour trouver des responsables ("ingénieur R&D" AND "Paris" AND "machine learning").
  • Des suivis d’employés clés pour savoir quand une équipe s’agrandit.
  • L’envoi de messages courts et personnalisés, pas de CV attaché à froid.

3) Approcher les bons interlocuteurs avec un message ciblé

Le message doit être court, montrer une vraie valeur et proposer une action simple. Voici trois templates que j’utilise (à adapter toujours) :

ContexteMessage
Approche d’un responsable technique Bonjour [Prénom], je suis étudiant(e) en [spécialité] à [école]. J’ai travaillé sur [court projet technique]. Je cherche une alternance/stage en [pôle], et je serais ravi(e) d’échanger 15 min pour savoir si votre équipe recrute ou si un projet pourrait m’accueillir.
Approche via recommandation (contact commun) Bonjour [Prénom], [Nom du contact] m’a suggéré de vous contacter : je recherche une alternance en [domaine]. J’ai une expérience sur [technique], et je peux vous envoyer rapidement mon CV et un court portfolio. Merci si vous avez 10 min pour en parler.
Approche spontanée aux RH Bonjour, je suis [Prénom], étudiant(e) en [formation]. Je souhaite proposer mes compétences en [outil/language] sur vos projets [nom produit]. Auriez-vous un contact technique à qui je pourrais présenter une courte proposition de mission ?

4) Exploiter les événements et communautés locales

Les meetups, conférences (PyData, DevMeetups, conférences techniques locales), journées portes ouvertes d’entreprises, et salons universitaires sont des mines d’or. J’y vais avec un objectif simple : rencontrer deux personnes clés et obtenir un contact de suivi. Les pistes que j’exploite :

  • Participer aux sessions “Ask me anything” et poser des questions techniques pertinentes pour marquer les esprits.
  • Contribuer sur Slack/Discord de communautés open source ou tech locales (ex. communautés Python, GitHub discussions).
  • Proposer un petit projet ou une PR sur un repo d’entreprise open-source : c’est parfois le moyen le plus direct d’entrer en contact.

5) Chercher des besoins cachés via les offres d’emploi publiées

Quand une entreprise publie une offre, cela révèle souvent des équipes en croissance. Je note :

  • Les compétences demandées — si elles correspondent à mes atouts, je contacte directement l’équipe.
  • Les noms des hiring managers cités ou liés dans l’annonce.
  • Les autres postes publiés par la même équipe (indicateur fort d’une ouverture de budget).

6) Créer une proposition de mission

Une technique qui fonctionne très bien : au lieu d’envoyer un CV classique, j’envoie une mini-proposition de 1 page décrivant :

  • Le problème identifié (ex. “optimiser le temps de test de la chaîne CI/CD”)
  • La démarche que je propose et les livrables
  • Le gain pour l’entreprise et la durée souhaitée

Cette approche transforme la candidature en opportunité immédiate. Les managers techniques aiment les personnes qui réfléchissent déjà en termes de résultats.

7) Travailler son portfolio technique

Un portfolio concret (GitHub, GitLab, site perso) qui montre des projets fait toute la différence. Je recommande :

  • Des README clairs expliquant le problème et la solution.
  • Des notebooks, des démos hébergées (Netlify, GitHub Pages, Heroku).
  • Un court projet “proof of concept” lié à l’entreprise ciblée (ex. crawler des données publiques liées à leurs produits).

8) Utiliser les anciens élèves et le réseau universitaire

Les alumni sont souvent plus enclins à aider. Pour les contacter :

  • Utilisez l’annuaire alumni de votre école.
  • Demandez une introduction via LinkedIn ou via le service carrière.
  • Proposez un échange informel sur leur parcours — ne commencez pas immédiatement par “avez-vous un stage ?”.

9) Relancer avec méthode

La relance est une compétence : polie, utile, et espacée raisonnablement. Mon rythme : relance après 7 jours, puis après 14 jours. Chaque relance doit apporter quelque chose de nouveau : un exemple de projet, un court résumé de mes compétences pertinentes, ou un article intéressant lié à leur domaine.

Outils que j’utilise et recommande

  • LinkedIn pour la recherche et la prise de contact.
  • GitHub/GitLab pour montrer des travaux concrets.
  • Calendly pour faciliter la prise de rendez-vous.
  • Slack/Discord pour rejoindre des communautés techniques.
  • Google Alerts pour surveiller les mentions d’entreprises et les appels à projets.

Si vous voulez, je peux vous aider à préparer un message LinkedIn personnalisé ou une mini-proposition de mission pour une entreprise cible : indiquez-moi le poste visé et le nom de l’entreprise, et je vous propose un modèle adapté.